Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Tag - sanction pécuniaire

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lundi, septembre 12 2011

On ne touche pas à la place de parking du salarié...

Cour de cassation - chambre sociale - 22 juin 2011

La Cour était saisi du recours d'un expert comptable salarié qui avait subi des faits de harcèlement de son employeur ayant débouché sur un licenciement pour faute lourde et une plainte pénale qui devait aboutir à un non lieu.

Étonnamment, alors qu'elle relevait que l'employeur avait "porté atteinte à l'exercice normal et serein par le salarié de sa profession en le déclarant à plusieurs reprises démissionnaire, en lui signifiant le retrait de sa plaque professionnelle, de la signature bancaire sur les comptes de la société et de la place de parking louée par celle-ci, et en le qualifiant de simple collaborateur du cabinet à la suite de l'abandon de ses responsabilités ordinales qu'il avait lui-même provoqué, et eu, à son égard, des propos injurieux doublés d'appréciations pénales erronées", la Cour d'appel avait considéré qu'aucun de ces agissement ne s'étant répété, il n'y avait pas harcèlement.

La Cour de cassation refuse le raisonnement et considère que ces faits constituent bien la présomption d'un harcèlement, indépendamment de toute intention de nuire de l'employeur et qu'il revenait à ce dernier d'apporter la preuve que ces faits étaient étrangers à un harcèlement et justifiés par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement.

Visiblement, la Cour de cassation considère que tel n'était pas le cas en l'espèce, mais elle laisse le soin à la Cour d'Appel de renvoi d'en juger.

Au milieu de ces faits de harcèlement, la Chambre sociale revient sur la privation de la place de parking du salarié pour lequel il avait demandé une indemnisation spécifique, refusée par la Cour d'appel au motif de l'absence de préjudice.

La Cour de cassation énonce alors que si cette place de parking avait été spécialement attribuée au salarié, elle constituait un avantage en nature dont la privation constituait une sanction pécuniaire illicite et créait nécessairement un préjudice indemnisable.

C'est, à ma connaissance, le premier arrêt à énoncer aussi clairement l'existence d'un avantage en nature dans ce qui pouvait paraitre n'être qu'une modalité de l'organisation du stationnement des véhicules de l'entreprise.

lundi, août 2 2010

Interdiction de retrait d'avantages même en raison de leur utilisation fautive

Cour de cassation - Chambre sociale - 23 juin 2010

Dans cet arrêt la Cour de cassation applique les dipsositions des article L 1331-1 et L 1331-2 du code du travail prohibant toute sanction pécuniaire des salariés.

Ainsi un employeur ne peut retirer une carte d'essence (ou une carte de fidélité octroyant des miles) à raison de son utilisation fautive. L'employeur ne peut, dans ces cas, que prononcer une des sanctions licites telle que prévue par le réglement intérieur.

vendredi, octobre 30 2009

Stock-options et faute grave

Par un arrêt en date du 21 octobre 2009, la chambre sociale de la Cour de cassation vient de statuer sur le sort réservée à la levée de stocks-options dans le cadre d'un licenciement pour faute grave.

Le plan d'option par lequel le salarié en cause avait bénéficié de droits d'options pour acquérir à un prix défini des actions de l'entreprise précisait que ce droit était écarté en cas de licenciement pour faute grave du bénéficiaire.

Cette disposition du plan étendait ainsi les conséquences de la faute grave, légalement privative d'indemnités de licenciement et de préavis.

La Cour considère cependant qu'une telle restriction revenait à faire supporter une sanction financière au salarié licencié. Or l'article L 1331-2 du code du travail prohibe toute sanction de ce type.

Un salarié licencié pour faute grave peut donc, quelque soient les stipulations du plan ou de son contrat de travail, lever ses options et éventuellement percevoir la plus-value attachée à la revente des titres.