Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Tag - résiliation judiciaire

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lundi, avril 23 2012

Quand le licenciement télescope la demande de résiliation judiciaire

Cour de cassation - chambre sociale - 7 mars 2012

Cet arrêt présente la particularité de s'intéresser à l'articulation entre le licenciement et la demande de résiliation judiciaire.

La Cour de cassation rappelle qu'une fois le contrat rompu par un licenciement, la demande de résiliation judiciaire ne peut plus être accueillie.

C'est d'ailleurs l'occasion pour la Cour d'y confirmer que le licenciement prend effet au moment de l'envoi de la lettre de licenciement.

De manière plus originale, elle casse l'arrêt d'appel pour ne pas avoir en l'espèce apprécié le bien fondé du licenciement antérieur à la demande de résiliation à la lumière des reproches faits dans le cadre de cette demande de résiliation judiciaire.

Ainsi elle pose le principe que même si le contrat a été rompu par le licenciement, l’appréciation de la légitimité de ce motif de licenciement doit intégrer les griefs du salarié exposé dans sa demande de résiliation postérieure.

mercredi, mars 7 2012

Même sans activité il faut payer les salariés (et ne pas oublier de les licencier...)

Cour de cassation - chambre sociale...

Un salarié avait saisi le conseil des prudhommes d'une demande de résiliation judiciaire contre son employeur en liquidation.

La Cour de cassation approuve la Cour d'appel d'avoir prononcé la requalification assortie d'un rappel de salaire à compter de la cessation des versements jusqu'au jour du jugement la prononcant.

L'employeur arguait qu'à compter de la cessation de son exploitation, aucun salaire n'était plus du aucun travail ne pouvant être fourni.

La Cour de cassation refuse de le suivre en rappelant qu'en l'absence de licenciement, l'employeur est tenu de fournir du travail au salarié qui se tient à sa disposition.

Ainsi, quel que soit la cause de l'absence d'activité de la société elle ne l'exonère pas de procéder au licenciement et de payer les salaires jusqu'à son prononcé.

Une décision à méditer par les mandataires sociétés en liquidation.

lundi, mai 2 2011

La modification du contrat sur avis d'inaptitude partielle nécessite l'accord du salarié

Cour de cassation - chambre sociale - 2 mars 2011

Dans cet intéressant arrêt de la Chambre sociale, il est statué sur le sort d'un salarié commercial qui plaignait initialement de la modification unilatérale par son employeur des conditions de détermination de sa prime d'objectif. Postérieurement il a été placé en arrêt maladie et le médecin du travail préconisait la diminution de son temps de travail. L'employeur décidait unilatéralement de réduire son temps de travail de 20% et son secteur géographique de 42%.

Déclaré ensuite inapte à tout poste dans l'entreprise, il avait fait l'objet d'un licenciement.

Après avoir intenté une action en résiliation sur le fondement de la modification de sa prime, le salarié, débouté en premier instance, puis placé en arrêt de travail avait fait appel, abandonné sa demande de résiliation judiciaire et contesté la cause réelle et sérieuse du licenciement pour inaptitude.

La Cour d'appel a suivi le salarié et considéré que la modification du secteur du salarié sans son accord constituait une faute de l'employeur, directement à l'origine de son inaptitude. La Cour acceptait aussi de suivre le salarié dans sa contestation de la modification du calcul de sa prime.

La Chambre sociale retient la solution de la Cour d'appel s'agissant de l'absence de cause réelle et sérieuse de la rupture.

La modification de secteur géographique nécessitait l'accord du salarié, ce qui n'avait pas été sollicité par l'employeur. Elle était donc fautive.

La Cour ayant constaté que cette faute avait directement été à l'origine de l'inaptitude, elle devait déclarer le licenciement pour inaptitude dépourvu de cause réelle et sérieuse et a justement fixé le préjudice à près de 100 000 €.

Elle approuve également la Cour d'avoir condamné l'employeur à 10 0000 € d'indemnisation au titre d'un préjudice distinct du licenciement à raison de cette modification illégale.

Cependant elle casse l'arrêt s'agissant de la modification du calcul de la prime d'objectif. En effet, il était contractuellement prévu que sa modification pouvait être décidée unilatéralement par l'employeur. L'accord du salarié n'était donc pas nécessaire.

Le salarié se voit ainsi indemnisé à des montants substantiels alors que le premier incident ayant donné lieu à la saisine du Conseil des Prudhommes était finalement voué à l'échec puisqu'il s'agissait d'une mesure légitime de l'employeur.

jeudi, mars 10 2011

heures supplémentaires, résiliation judiciaire et conséquences

Cour de cassation- chambre sociale - 20 octobre 2010

Cet arrêt qui ne recèle aucune solution véritablement nouvelle, a le mérite d'illustrer un cas relativement typique de contentieux du paiement des heures supplémentaires et de ses conséquences.

Un salarié se plaignait de ce qu'il n'avait pas été rémunéré des heures supplémentaires qu'il avait réalisé. Il saisit le Conseil des Prudhommes pour obtenir non seulement paiement de ces heures mais également résiliation judiciaire du contrat de travail.

La Cour de cassation approuve les juges du fonds d'avoir accueilli sa demande.

Elle refuse d'abord de suivre l'employeur qui exigeait que le salarié démontre que les heures supplémentaires lui avaient été demandées par son employeur. Elle énonce au contraire qu'il revient à l'employeur, pour être déchargé du paiement des heures, de prouver que les heures avaient été effectuées contre sa volonté, ce qui est autrement plus difficile.

La Cour de cassation approuve ensuite les juges du fond d'avoir prononcé la résiliation judiciaire du contrat aux torts de l'employeur à raison du non-paiement des heures supplémentaires. Elle s'en remet à l'appréciation des juges du fond quant à la gravité du manquement qui portait sur un peu plus de 6 000 € d'heures supplémentaires.

Le seul moyen sur lequel l'arrêt de Cour d'appel est cassé est relatif aux conséquences de cette résiliation judiciaire, qui, puisque prononcée aux torts de l'employeur, est censée entrainer les mêmes conséquences qu'un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

La Cour de cassation refuse cependant que l'employeur soit condamné pour non-respect de la procédure de licenciement (condamnation qui s'ajoute à celle de l'absence de cause réelle et sérieuse dans les entreprise de moins de onze salariés ou pour les salariés ayant moins de deux ans d'ancienneté).

lundi, novembre 22 2010

Modification de poste après retour de congé maternité : faute grave de l'employeur.

Cour de cassation - chambre sociale - 3 novembre 2010

Par cet arrêt la Cour de cassation confirme une Cour d'appel d'avoir approuvé la prise d'acte de la rupture de son contrat de travail par une salarié qui, après son retour de congé maternité, avait vu ses fonctions amputées d'une partie de ses responsabilités antérieures.

La Cour considère en effet qu'une telle privation interdit de considérer que le poste retrouvé par la salarié est similaire au poste anciennement occupé au sens des dispositions de l'article L 1225-25 du code du travail.

Une telle faute est considérée comme suffisamment grave pour justifier la prise d'acte de la rupture par la salariée ou la résiliation judiciaire du contrat de travail et entrainer le versement des indemnités dues en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.