Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Tag - prise d acte

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mercredi, septembre 7 2011

Objectifs annuels : Sanction de l'absence de fixation par l'employeur.

Cour de cassation - chambre sociale - 29 juin 2011

Un salarié avait été embauché avec un salaire dont la partie variable dépendait d'objectifs fixés par l'employeur chaque année.

La première année, l'objectif n'avait pas été atteint.

Pour les années suivantes l'employeur n'avait pas fixé de nouveaux objectifs.

Le salarié a pris acte de la rupture du contrat de travail.

La Cour d'appel de Versailles lui a donné raison, ce que l'employeur critiquait devant la Cour de cassation en argumentant qu'en l'absence de fixation, le juge devait déterminer les objectifs par rapport à ceux de la première année et que la carence du salarié à les atteindre le privait de toute réclamation.

La Chambre sociale refuse le raisonnement et énonce de façon catégorique, qu’ indépendamment de sommes éventuellement dues au titre de la partie variable, la simple absence de fixation annuelle d'objectifs prévus au contrat de travail constitue un manquement justifiant la prise d'acte de la rupture par le salarié.

La solution est remarquable puisqu'au demeurant le salarié qui n'aurait probablement pas réussi à remplir les objectifs si ceux-ci avaient été fixés par l'employeur dans des proportions voisines de celles prévues la première année.

vendredi, août 12 2011

Caractère définitif d'une modification du contrat de travail

Cour de cassation - chambre sociale - 25 mai 2011

Dans cet arrêt la Cour de cassation était saisie de la question de savoir si un employeur qui a proposé en décembre une expatriation à un salarié qui l'a accepté en janvier peut annuler cette expatriation en février avant tout commencement d'exécution puisque le départ était prévu en mars.

Le salarié ayant pris acte de la rupture du contrat à raison de ce revirement, il a saisit les juridictions prudhomales de la question.

La Cour d'appel a considéré que l'employeur n'avait pas commis d'abus en rapportant sa décision avant son exécution et considéré la rupture comme entrainant les effets d'une démission.

La Cour de cassation casse l'arrêt en énonçant qu'une fois la proposition acceptée, elle constituait un avenant ayant même valeur que le contrat de travail et que l'employeur ne peut revenir sur cette décision. Elle renvoie l'affaire devant la Cour d'appel qui devrait considérer la prise d'acte comme emportant les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

jeudi, juillet 28 2011

Pas de violence au travail, même au sein de la famille !

Cour de cassation- chambre sociale- 8 juin 2011

Un salarié est victime de violences de la part de son employeur, ce dernier reconnait une claque, le salarié produit un certificat médical faisant état d'une strangulation.

Il prend acte de la rupture de son contrat de travail et saisit les juridictions prudhomales.

L'étonnement pourrait nous saisir de voir que la Cour d'appel a considéré que cette prise d'acte devait s'analyser en une démission alors que les violences avaient été pour partie reconnues par l'employeur.

La Cour avait cependant minimisé ces violences en prenant en considération le fait que le salarié en cause était le demi-frère de son agresseur et que cette altercation pouvait avoir un caractère plus privé que professionnel.

La Cour de cassation refuse de suivre le raisonnement de la Cour d'appel et considère que dès lors que l'altercation s'est déroulée sur les lieux du travail, le caractère professionnel doit être présumé.

Si ce caractère professionnel est acquis, les liens familiaux entre les parties ne peuvent ôter aux violences le caractère de manquement grave de l'employeur à ses obligations vis à vis du salarié.

La Cour entend ainsi rappeler qu'une entreprise familiale demeure une entreprise où s'applique le droit du travail et que les différents familiaux n'ont pas vocation à y être réglés et encore moins par la violence.

Il est donc conseillé aux membres de la famille de réserver leurs disputes aux repas dominicaux !

lundi, juin 6 2011

Je suis venu te dire que je m'en vais... avec mon DIF !

Cour de cassation - chambre sociale...

Dans cet arrêt la Cour de cassation vient préciser les conséquences d'une prise d'acte légitime de la rupture du contrat de travail par le salarié.

La Cour avait déjà eu l'occasion de préciser qu'elle emportait les conséquences d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse donnant droit outre l'indemnisation de cette rupture aux indemnités de licenciement, de préavis et de congés payés sur préavis.

Cet arrêt est l'occasion d'y ajouter le droit à indemnisation pour privation de l'information relative au DIF qui doit figurer dans la lettre de licenciement.

C'est un poste de réclamation supplémentaire augmentant l'enjeu de la détermination par le juge de la légitimité de la prise d'acte de la rupture.

lundi, février 21 2011

Accident du travail et prise d'acte de la rupture du contrat de travail

Cour de cassation - chambre sociale - 12 janvier 2011

Cet arrêt est l'occasion pour la chambre sociale de préciser les conséquences procédurales de la prise d'acte de la rupture du contrat de travail notifiée par le salarié à raison de l'accident du travail qu'il a subi.

La Cour considère ainsi qu'il appartient à l'employeur qui considère injustifiée la prise d'acte de la rupture par un salarié qui, étant victime d'un accident du travail, invoque une inobservation des règles de prévention et de sécurité, de démontrer que la survenance de cet accident est étrangère à tout manquement à son obligation de sécurité de résultat.

Il pourra être noté que la Cour réaffirme le récent principe qu'elle avait dégagé, à savoir que l'employeur est tenu d'une obligation de sécurité résultat quant à la santé physique et psychologique de ses salariés.

Ainsi l'accident du travail constitue une présomption de non-respect par l'employeur de son obligation de sécurité résultat qui légitimera la prise d'acte de la rupture du contrat par le salarié, à moins que que l'employeur puisse démontrer que la survenance de l'accident est étrangère à tout manquement de sa part

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