Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Tag - mauvaise foi

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vendredi, novembre 25 2011

Seul le salarié de mauvaise foi peut être sanctionné pour avoir dénoncé des agissements qu'il estimait constituer un harcèlement moral

Cour de cassation - chambre sociale - 19 octobre 2011

Cet arrêt vient confirmer la position prise par la chambre sociale le 31 mars 2010.

Il rappelle le principe dégagé par la Cour de cassation en cas de dénonciation de faits de harcèlements non établis, à savoir que l'employeur ne peut sanctionner ces dénonciations sauf à démontrer la mauvaise foi du salarié.

Il ne suffit donc pas que les allégations de harcèlements soient fausses, il faut prouver que le salarié avait connaissance de leur fausseté et s'en est prévalu de mauvaise foi.

En pratique ces conditions seront très difficiles à réunir.

mardi, juillet 27 2010

Influence d'une restructuration sur les obligations de l'employeur et du salarié

Cour de cassation - chambre sociale - 7 juillet 2010

Dans cet arrêt très important, la Cour de cassation statue sur le cas d'un cadre supérieur licencié pour avoir manifesté son désaccord sur la stratégie de la société dans le cadre de la restructuration du groupe auquel elle appartenait.

La Cour y affirme tout d'abord que le seul fait pour ce salarié d'avoir fait part à sa direction, sans excéder les limites de sa liberté d'expression de ce qu'il n'entendait pas participer à la mise en oeuvre du plan de restructuration en constituait pas un acte d'insubordination.

Ainsi il est reconnu au salarié, même cadre supérieur, le droit d'émettre son avis et même de refuser de collaborer activement à des décisions stratégiques.

La Cour ajoute de surcroit, et de manière à mon sens inédite, que le fait de maintenir durablement un salarié dans l'incertitude sur ses fonctions constitue une exécution de mauvaise foi du contrat de travail engageant sa responsabilité.

En l'occurrence, le salarié licencié a perçu 120 000 € au titre de la rupture sans cause réelle et sérieuse et 4 000 € au titre du préjudice moral pour l'incertitude créée par son employeur.