Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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jeudi, février 24 2011

Attention à qui vous adressez vos mails !

Cour de cassation - chambre sociale - mercredi 2 février 2011

L'arrêt en cause énonce une solution de fond assez peu surprenante : Un salarié, déjà mis à pied pour absence injustifié, qui écrit que son employeur est un "connard" et qu'il va "prendre son après-midi" est légitimement licencié pour faute grave.

La particularité de l'arrêt est que le mail en cause n'était pas destiné à l'employeur mais à la petite amie du salarié. Cependant, en raison d'une erreur de manipulation, le message était également adressé en copie à un salarié de l'entreprise qui l'avait transmis à l'employeur.

Bien qu'initialement il ne soit pas contestable que le message était un échange privé entre le salarié et sa compagne, la Cour considère que le fait qu'il ait été rédigé aux temps et lieu de travail et qu'il portait sur l'exécution du contrat et qu'il a été transmis à l'employeur exclue qu'il puisse être considéré comme relevant de la vie personnelle du salarié.

Cet arrêt illustre la tendance actuelle de la Cour de cassation de réduire le domaine des courriels échappant au pouvoir de surveillance et de contrôle de l'employeur.

mardi, mars 23 2010

On peut appeler son patron "la petite vérole" !

Cour de cassation - chambre sociale - 19 janvier 20100

Dans cet arrêt un peu particulier un salarié a été licencié pour avoir utilisé le sobriquet de "petite vérole" pour désigner son supérieur hiérarchique.

La Cour de cassation confirme la Cour d'appel d'avoir considéré le licenciement sans cause réelle et sérieuse aux motifs de son ancienneté, de son absence d'antécédents disciplinaires et du fait que ce surnom était employé par d'autres collègues.

Ainsi la Cour justifie, dans certaines circonstances, qu'un salarié puisse insulter un supérieur hiérarchique.