Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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lundi, juillet 11 2011

La franchise n'exclut pas le groupe... Autonomisation de la notion de groupe en droit du travail

Cour de cassation - chambre sociale - 25 mai 2011

Un salarié avait contesté son licenciement au motif de l'absence de recherche de reclassement suffisante par son employeur.

Ce dernier était la société DONAEL qui exploitait un supermarché sous l'enseigne ATAC. Cette exploitation était réalisée par le biais d'un contrat de franchise.

Il n'existait donc pas de lien en capital entre la société franchiseur, propriétaire de l'enseigne ATAC, et son franchisé, la société DONAEL.

Il était donc en principe impossible d'y voir un groupe au sens du droit des sociétés, à savoir la détention d'une part significative de capital permettant de peser dans les choix sociaux de la structure détenue.

Cette définition de droit des sociétés n'arrête cependant pas les juges prudhomaux puisque tant la Cour d'appel que la Cour de cassation refuse de voir dans l'existence d'un contrat de franchise un obstacle à la caractérisation d'un groupe, tel qu'appliqué en droit du travail, c'est à dire celui constitué par des entreprises dont les activités, l'organisation ou le lieu d'exploitation leur permettent la permutation de tout ou partie du personnel

C'est ainsi que la chambre sociale approuve la Cour d'appel d'avoir déclaré recevable l'action du salarié au motif que l'employeur n'apportait pas la preuve de l'absence de permutation possible des personnels entre les enseignes franchisées.

Cet arrêt nécessitera certainement d'être précisé prochainement pour déterminer dans quelles conditions des structures juridiquement distinctes peuvent être considérées comme permettant la permutation de tout ou partie de leur personnel sans que celle-ci soit la conséquence de la structure de leurs actionnariats.

vendredi, août 21 2009

Accident de la circulation d'un salarié : pas de retenue sur salaire

Dans un arrêt du 6 mai 2009 la Cour de cassation réaffirme le principe qui veut que la responsabilité pécuniaire du salarié ne puisse être recherchée sauf faute lourde.

La jurisprudence définissant cette dernière comme la faute particulièrement grave, commise avec l'intention de nuire à son employeur, les hypothèses où un employeur peut réclamer indemnisation à un salarié pour un fait commis dans l'exercice de son contrat de travail sont très rares.

En l'espèce un employeur faisait figurer dans le contrat de travail des salariés, une clause prévoyant qu'en cas d'accident responsable ou sans tiers identifié, le salarié serait redevable d'une "franchise" de 250 €.

La Cour de cassation assimile cette clause à l'engagement de la responsabilité pécuniaire du salarié et refuse qu'elle soit appliquée hors cas de faute grave.