Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Tag - contestation

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lundi, novembre 21 2011

Renoncer à un dépôt de plainte pour vol n'est pas une concession de l'employeur...

Cour de cassation - chambre sociale - 13 octobre 2011

Cet arrêt illustre la limite souvent floue autour de laquelle doivent naviguer les juridictions sociales saisies de la contestation d'une transaction entre un employeur et un salarié.

En effet pour être valable, une transaction doit comporter des concessions réciproques de chaque partie.

Cependant le juge ne peut substituer son appréciation à celle des parties quant à l'origine du litige ayant conduit à la transaction.

Dans le cas d'espèce une salarié licenciée pour faute grave à raison du vol d'une boite de paracétamol avait conclu une transaction par laquelle elle acceptait de ne pas contester son licenciement en échange de l'engagement de son employeur de ne pas porter plainte pour vol.

Pour déterminer si un tel accord emporte des concessions réciproques, il faudrait que le juge détermine si le licenciement était fondé sur une cause réelle et sérieuse. Si ce n'est pas le cas, la salariée a abandonné le droit de réclamer une indemnisation importante cependant que son employeur ne s'est privée que d'une action qui ne lui aurait rien apporté. Si ce n'est pas le cas, la salariée a abandonné une procédure vouée à l'échec contre l'abandon d'une procédure de peu d'intérêt pour l'employeur.

Seule cette appréciation interdite au juge permettrait de déterminer si l'accord emporte des concessions réciproques.

Pour trancher le débat, sans le trancher, la Cour de cassation énonce que : "c'est sans se prononcer sur la réalité et le sérieux de la faute invoquée que la cour d'appel a pu décider que la renonciation à un dépôt de plainte et à une indemnisation ne constituait pas, de la part de l'employeur, une véritable concession au regard de la renonciation de la salariée, privée de toute indemnité, à contester son licenciement."

Ainsi les juges peuvent se borner à considérer que la renonciation à une plainte pénale pour vol "ne vaut pas" la renonciation à une action en contestation de licenciement, sans bien sur expliquer pourquoi...

lundi, septembre 5 2011

Contestation de l'inaptitude : Attention aux conséquences...

Conseil d'État - 4ème et 5ème sous-sections réunies- 27 juin 2011

En matière d'inaptitude, l'employeur dispose d'un mois pour procéder au reclassement ou à défaut au licenciement du salarié déclaré inapte.

Le salarié, comme l'employeur, dispose cependant d'un recours contre l'avis d'inaptitude en application de l'article L4624-1 du code du travail.

Le délai de ce recours étant de deux mois, il peut ne pas être expiré au moment du licenciement.

Le salarié peut-il encore saisir l'inspecteur du travail pour contester l'avis d'inaptitude ?

Le Conseil d'Etat répond dans cet arrêt par l'affirmative.

Il est donc possible, si la contestation aboutie, à l'annulation de l'avis d'inaptitude alors que le licenciement a été prononcé.

Dans un tel cas il est difficile d'imaginer comment l'employeur pourrait éviter de se voir condamner pour licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.