Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Tag - cause réelle et sérieuse

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mardi, janvier 17 2012

Cessation d'activité dans les groupes : La Chambre sociale précise la portée de son arrêt du 18 janvier 2011

Cour de cassation - chambre sociale - 16 novembre 2011

Par un arrêt du 18 janvier 2011, la Chambre sociale avait rendu une décision, dans un cas de co-emploi, exigeant que les licenciements économiques résultant de la cessation d'activité soient également justifiés par une cause économique au niveau du groupe.

A l'instar d'autres auteurs, j'avais analysé cette décision comme pouvant être étendue en dehors de cette situation de coemploi. C'était également le cas d'un employeur qui soumettait une question préjudicielle de constitutionnalité à la haute Cour, prétendant que si cet arrêt avait une portée générale, les filiales d'un groupe se trouvaient dans l'impossibilité de licencier à raison de l'arrêt de leur activité.

Cette interprétation plus large encore est rejettée par la Cour qui refuse de donner suite à la question préjudicielle en précisant expressément que cette interprétation des arrêts du 18 janvier 2011 était erronnée.

Elle profite de l'occasion pour préciser expressément que les arrêts n'ont pas de portée au delà de la situation de co-emploi qui y était en cause et que la cessation d'activité demeure une cause autonome de licenciement économique, y compris dans les groupes.

On ne peut que regretter cette attitude prudente de la Cour qui maintient la possibilité pour les acteurs économiques de filialiser leurs activités afin qu'en cas d'abandon d'une d'entre elle, cet abandon constitue en soi un motif légitime de licenciement économique ce qui n'est pas le cas lorsque ces activités sont regroupées au sein d'une même structure sociale.

lundi, mars 14 2011

Cessation d'activité : publication à la Jurisprudence Sociale LAMY

Un commentaire de votre serviteur publié à la Jurisprudence sociale Lamy du 24 février 2011 suite à l'arrêt rendu par la Cour de cassation le 18 janvier 2011 et qui avait déjà fait l'objet d'un commentaire ici.

vendredi, janvier 28 2011

Fermeture d'entreprise et cause économique réelle et sérieuse : évolution de jurisprudence

Cour de cassation - chambre sociale - 18 janvier 2011

En matière de licenciement pour motif économique, la Cour de cassation admettait que l'arrêt de l'activité d'une société constituait en soi une cause réelle et sérieuse.

Il existait ainsi une différence de traitement entre une société ayant plusieurs établissement qui doit établir au niveau de la société la réalité de ses difficultés économiques justifiant la fermeture d'un établissement et la même activité ou chacun des établissement étant logé dans une société, la cessation d'activité suffisant à justifier le motif du licenciement.

Pour éviter cette différence de traitement, la Cour de cassation entend par cet arrêt ne pas se contenter de la cessation d'activité d'une société pour justifier les licenciement économique. Lorsque la société appartient à un groupe il reviendra à la société de justifier du motif économique ayant conduit à la décision d'arrêt d'activité d'une filiale pour légitimer les licenciement économiques prononcés en conséquence.

Cet arrêt mérite cependant d'être précisé notamment s'agissant de l'appréciation de la notion de groupe par les juges prudhomaux.

lundi, janvier 3 2011

Licenciement sans lettre de licenciement...

Cour de cassation - chambre sociale - 30 novembre 2010

Dans cet arrêt la Cour de cassation rappelle que le licenciement pour reposer sur une cause réelle et sérieuse doit reposer sur un motif exprimé dans l'acte notifiant la rupture.

Il est étonnant qu'elle ait eu à le faire en censurant la Cour d'appel de Douai qui avait considéré que l'envoi d'une attestation POLE EMPLOI, d'un bulletin de salaire et l'indication de ce que le reçu pour solde de tout compte était tenu à la disposition du salarié, ne constituait pas une lettre de licenciement.

Il était pourtant assez évident qu'un tel envoi constituait bien la rupture du contrat, et était donc dépourvue de cause réelle et sérieuse pour absence de motif exprimé.