Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Tag - arrêt maladie

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jeudi, septembre 29 2011

Il ne fait pas bon être syndicaliste en Alsace...

Cour de cassation - chambre sociale - 22 juin 2011

L'arrêt du jour n'est pas surprenant et ses attendus sont très classiques. La Chambre sociale rappelle :

- d'une part qu'en cas de départ à la retraite alors que le salarié est en arrêt maladie, l'indemnisation doit néanmoins comprendre le préavis dans le cas où cette suspension résultait de faits de harcèlements imputables à l'employeur.

- d'autre part qu'en cas de faits objectifs pouvant être considérés comme de la discrimination syndicale, le salarié est en droit d'obtenir indemnisation, sauf à ce que l'employeur rapporte la preuve que ces faits sont étrangers à toute discrimination.

Ce qui étonne c'est l'arrêt rendu par la Cour d'appel de Colmar qui fait ici l'objet de la cassation.

La Cour avait en effet refusé de retenir la discrimination syndicale après avoir constaté que la salariée "avait fait l'objet de onze procédures de licenciement désavouées par l'autorité ou la juridiction administratives, que l'employeur avait contesté à tort la validité de son mandat syndical pour lui refuser l'accès aux négociations sur la réduction du temps de travail, que la salariée avait subi des mesures de rétorsion caractérisées par la privation de contacts avec ses collègues, la suppression de sa connexion internet et la cessation brutale, en janvier 2007, de l'indemnité compensatrice d'un avantage en nature."

Il semblerait donc qu'en Alsace, il soit très difficile de faire reconnaitre l'existence de discriminations syndicales, même dans des cas aussi patents que celui-ci.

mardi, mars 30 2010

Peut-on revenir sur sa démission ?

Cour de cassation - chambre sociale - 17 mars 2010

Cet arrêt revient sur la situation d'un salarié, en arrêt de travail, qui avait démissionné et avait adressé quelques semaines plus tard un courrier de rétractation de cette démission. L'employeur avait refusé de donner un quelconque effet à cette rétractation.

Par cet arrêt la Cour de cassation approuve l'employeur d'avoir donné plein effet à la démission.

Elle vérifie dans un premier temps que les juges ont bien contrôlé que la démission était claire et non équivoque.

En effet si la démission n'est pas claire et non équivoque elle s'analyse en un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.

Elle approuve également la Cour d'avoir vérifié que la démission n'était pas en relation avec son arrêt de travail.

En ce cas, la démission aurait également était considérée comme un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.

L'apport de l'arrêt est que la Cour y précise que le salarié ne peut à la fois invoquer un vice de consentement de sa démission et la requalification de celle-ci en prise d'acte de la rupture du contrat de travail.

La Cour entend ainsi rappeler que si la remise en cause d'une démission obéit à un régime proche de celle de la prise d'acte de la rupture du contrat de travail, les deux notions demeurent distinctes et qu'il revient au salarié de choisir entre une qualification et une autre.

En pratique cette distinction est pourtant particulièrement difficile dans certains cas.

En tout état de cause, la Cour rappelle qu'en présence d'une démission, aucun retour en arrière n'est possible, comme elle l'a jugé en matière de prise d'acte de la rupture du contrat de travail.