Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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samedi, juin 25 2011

Licenciement d'un salarié malade et condition de remplacement définitif - suite

Cour de cassation - Assemblée plénière - 22 avril 2011

Cet arrêt de la plus haute formation de la Cour de cassation, résulte d'un pourvoi en cassation sur un arrêt rendu après une autre cassation d'un arrêt antérieur statuant sur appel d'un jugement de Conseil de Prudhommes... Le licenciement en cause remonte ainsi au mois de novembre 2003.

Il aura fallu plus de sept années pour que la Cour de cassation expose la solution du litige et... renvoie les parties devant la Cour d'appel.

La Cour appliquera probablement la solution énoncée par la plus prestigieuse formation de la Cour de cassation et dans quelques mois (années ?), la salariée connaitra peut être le montant des dommages et intérêts que la copropriété qui l'employait comme gardien d'immeuble devra lui verser.

La Cour de cassation, parachevant ces précédents arrêts du 26 janvier dernier rendus en matière de licenciement pour désorganisation de l'entreprise et nécessité du remplacement d'un salarié absent pour maladie, refuse de considérer que l'accomplissement des tâches de la salariée par une entreprise de service tierce puisse constituer son remplacement définitif.

Il est désormais acquis que pour pouvoir licencier un salarié absent sur une trop longue période, il faut pouvoir prouver avoir été dans l'obligation d'embaucher à durée indéterminée un salarié à raison de cette absence.

lundi, avril 11 2011

Pour licencier un salarié malade, il faut engager son remplacant...

Cour de cassationchambre sociale -26 janvier 2011
Cour de cassation - chambre sociale - 26 janvier 2011

A l'occasion de deux arrêts rendus le même jour la Cour de cassation précise les conditions nécessaires à légitimer le licenciement d'un salarié dont le contrat de travail a été suspendu pour maladie, en raison de la désorganisation que son absence créée dans l'entreprise.

Pour que cette désorganisation soit reconnue, il faut que l'employeur rapporte la preuve de ce que le remplacement durable du salarié absent a été nécessaire.

La Cour précise dans ces deux espèces que lorsque le remplacement est effectué par un salarié de l'entreprise, il faut de surcroit que l'employeur rapporte la preuve qu'il a crée un nouveau poste dans un temps proche du licenciement.

Ainsi l'employeur, avant de licencier un salarié en arrêt maladie doit avoir effectivement supporté le cout de la création d'un poste de travail.

dimanche, décembre 6 2009

la réorganisation d'un service n'est pas un motif de recours au cdd

On sait que les cas de recours aux CDD et aux contrats d'intérim sont expressément limités par la loi.

Il est ainsi notamment autorisé d'y avoir recours pour le remplacement d'un salarié absent ou pour un surcroit d'activité.

Qu'en est-il lorsque le contrat précaire est conclu au motif de la " réorganisation du service logistique suite à l'absence pour longue maladie de Mme A... et au transfert de Mme Y..."

On aurait pu y voir deux motifs autorisés : le remplacement et le surcroit d'activité.

Par un arrêt en date du 16 septembre 2009, la Cour de cassation refuse cette interprétation en constatant que la réorganisation d'un service ne constitue pas un cas de recours autorisé par l'article L 1242-1 du code du travail.

mardi, novembre 17 2009

A qui revient l'initiative de la visite de reprise ?

Après un arrêt de travail l'article R 4624-21 du code du travail prévoit que le salarié doit pouvoir bénéficier d'un examen médical de reprise afin d'apprécier l'aptitude du salarié à la reprise, et ce dans les 8 jours de la reprise du travail.

La jurisprudence a, depuis longtemps, considéré que cette visite était obligatoire et qu'en cas de carence, le salarié pouvait demander à l'employeur d'organiser cette visite.

Par un arrêt du 28 octobre 2009, la Cour de cassation précise que lorsque le salarié demande l'organisation de la visite et que celle-ci lui est refusée par l'employeur :

- d'une part, l'absence de reprise n'est pas fautive, - d'autre part, le refus d'organiser la visite de reprise constitue un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.

Pour aller plus loin et bien que le cas n'ait pas été tranché en l'espèce, ce nouvel arrêt m'incite à penser qu'en cas d'absence de plus de 3 semaines d'un salarié, l'employeur ne peut pas le licencier pour absence non justifiée puisqu'il lui revient d'organiser la visite de reprise.