Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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lundi, juillet 19 2010

Licenciement notifié en mains propre : la Cour de cassation fait sa révolution

Cour de cassation - chambre sociale - 7 juillet 2010

L'article L 1232-6 du code du travail énonce que la lettre de licenciement doit être notifiée par lettre recommandée avec avis de réception.

Sur la base de ce texte la jurisprudence a bâti une construction théorique de laquelle il ressortait que seuls les motifs exprimés dans le courrier recommandé pouvait être examiné par les juges pour vérifier la légitimité du licenciement.

Tout autre motif de licenciement (notamment exprimé dans un courrier remis en mains propre) était écarté et en l'absence de notification recommandée le licenciement était nécessairement dépourvu de cause réelle et sérieuse.

Dans cet arrêt la Cour de cassation détruit l'édifice ainsi construit en indiquant que :

"le seul défaut d'envoi de la lettre de licenciement ne rend pas le licenciement sans cause réelle et sérieuse"

En l'espèce, elle reproche ainsi à la Cour d'appel de n'avoir pas vérifié si la lettre de licenciement n'avait pas été remise en mains propre.

Cette solution, a priori contraire au texte même du code du travail, semble indiquer qu'un licenciement par lettre remise en mains propre serait désormais tout aussi valable qu'un licenciement notifié en recommandé.

Les praticiens attendent désormais de connaitre la portée exacte de cette jurisprudence que l'on peut qualifier de révolutionnaire !

lundi, février 8 2010

Formalisme du licenciement : Recul de la protection du salarié

Cour de cassation - chambre sociale - 16 décembre 2009

L'article L 1232-6 du code du travail prévoit la notification du licenciement par courrier recommandé avec accusé de réception.

Pendant de longues années, la jurisprudence déduisait de ce texte que le licenciement notifié par lettre simple était non seulement irrégulier mais également dépourvu de cause réelle et sérieuse puisque l'employeur ne pouvait se fonder sur un motif régulièrement notifié.

Par cet arrêt la Cour de cassation revient sur cette jurisprudence et affirme désormais que les dispositions du code du travail n'est qu'un moyen de prévenir une contestation sur la date du licenciement.

Dès lors elle valide un licenciement effectué par remise en mains propre de la lettre de licenciement, et ce même si la remise a été refusée par le salarié.

Les conséquences de cet arrêt risquent d'être importantes et de remettre en cause des solutions bien établies sur la date du licenciement, son motif et sur la possibilité de transiger avec le salarié dans un tel cas.