Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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lundi, janvier 2 2012

Rupture discriminatoire de la période d'essai à raison de la maladie

Cour d'appel de Rouen - Chambre sociale - 7 juin 211

Cet arrêt de la Cour d'appel de Rouen apporte un intéressant éclairage sur la charge de la preuve dans le cas de la rupture du contrat de travail en période d'essai.

En effet la validité de la rupture de l'essai est en principe libre et n'est pas soumise à la justification d'un motif. Cependant la jurisprudence a entrepris le contrôle de l'abus de cette faculté unilatérale de rupture en sanctionnant les ruptures dont la preuve est rapportée qu'elle n'a pas été notifiée à raison de l'appréciation par l'employeur des qualités professionnelles du salarié.

Cependant dès lors que l'employeur n'a pas a justifier d'un motif pour la validité de la rupture, il revient au salarié de rapporter la preuve de ce motif étranger à l'évaluation de ses qualités professionnelles.

Dans le cas présent, le salarié arguait que la rupture était la réaction de l'employeur à un arrêt maladie, ce qui constitue une rupture non seulement abusive mais discriminatoire au sens de l'article L 1132-1 du code du travail.

Dans un tel cas, l'article L 1134-1 du code du travail prévoit un aménagement du régime de la preuve qui entraine le renversement de sa charge sur les épaules de l'employeur. Dès lors que le salarié présente des éléments de fait laissant supposer l'existence d'une discrimination c'est à l'employeur de prouver que ces faits sont étrangers à toute discrimination.

Ainsi la Cour d'appel considère que le salarié est fondé à se prévaloir de la concomitance entre sa période d'arrêt de travail pour maladie du 11 au 17 mai 2009 et la décision que lui a notifiée l'employeur de mettre fin à sa période d'essai à compter du 13 mai 2009 ainsi que de l'absence avérée de toute observation sur l'exécution de son travail entre le 22 avril et le samedi 9 mai 2009 comme éléments de fait suffisant à entraîner le renversement de la charge de la preuve.

L'employeur n'ayant pu rapporter cette preuve, la rupture est donc considérée comme discriminatoire et donc nulle.

vendredi, décembre 4 2009

Peut-on obliger un salarié à changer de prénom ?

Pour une raison mystérieuse, la maison de retraite " Le Soleil du Roucas Blanc " a embauché M. Mohamed X tout en lui demandant à ce qu'il se fasse appeler "Laurent" dans le cadre de son travail.

La Cour de cassation, dans un arrêt du 10 novembre 2009 vient de décider qu'une telle attitude de l'employeur constituait une discrimination prohibée par l'article L 1132-1 du code du travail.

Il serait intéressant de connaitre la transposition de la solution de cet arrêt à la pratique actuelle des télé-opérateurs d'imposer aux opérateurs le prénom sous lequel ils se présentent à leurs clients.

Par ailleurs il est à noter que la Cour d'appel avait pour sa part constaté que le salarié avait accepté cette modification de prénom dès la signature du contrat et que d'autres salariés de la maison de retraite s'appelaient également Mohamed (la Cour ne précise pas s'ils devaient aussi s'appeler "Laurent") et qu'il n'existait donc pas de discrimination.

mercredi, septembre 30 2009

Licenciement en cas d'absence prolongée : Attention au formalisme

L'article L 1132-1 du code du travail prohibe le licenciement notifié à raison de la maladie d'un salarié.

Cependant la jurisprudence reconnait à l'employeur le droit de licencier un salarié en maladie au motif de la perturbation objective créée par l'absence du salarié.

La jurisprudence est cependant attentive à ce que la perturbation soit suffisamment grave pour rendre le licenciement inéluctable.

Elle a ainsi notamment posé en principe que l'absence du salarié devait avoir rendu nécessaire le recrutement définitif d'un salarié en remplacement.

Par un arrêt rendu le 8 avril 2009, la Chambre sociale de la Cour de cassation vient préciser de surcroit que la lettre de licenciement doit énoncer précisément la nécessité du remplacement du salarié absent en raison de son état de santé.

Il convient dès lors d'être très vigilant sur la rédaction de la lettre de licenciement dans un tel cas.