Antoine BON - Jurisprudence de droit du travail

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Jurisprudence › Accident - Maladie - Suspension contrat de travail

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mardi, octobre 25 2011

Exercice d'une activité pendant un arrêt de travail : il est nécessaire que l'entreprise subisse un préjudice pour pouvoir licencier

Cour de cassation - chambre sociale - 12 octobre 2011

Cet arrêt est l'occasion pour la Chambre sociale de la Cour de cassation de durcir encore sa jurisprudence sur la possibilité de licencier un salarié à raison des activités qu'il pourrait exercer pendant un arrêt maladie.

Si vis à vis de la sécurité sociale la Cour de cassation est constante à considérer que le non respect des conditions d'un arrêt de travail empêche la perception des indemnités journalières de sécurité sociale, elle refuse d'en faire un motif de licenciement.

Ainsi dans le cas d'espèce le seul fait que le salarié ait été vu en train d'exercer une activité de vente sur les marchés pendant un arrêt de travail ne suffit pas à légitimer le licenciement. La Cour de cassation exige pour que le licenciement repose sur une cause réelle et sérieuse, que l'employeur rapporte la preuve que l'activité exercée par le salarié pendant son arrêt lui a porté préjudice.

lundi, septembre 5 2011

Contestation de l'inaptitude : Attention aux conséquences...

Conseil d'État - 4ème et 5ème sous-sections réunies- 27 juin 2011

En matière d'inaptitude, l'employeur dispose d'un mois pour procéder au reclassement ou à défaut au licenciement du salarié déclaré inapte.

Le salarié, comme l'employeur, dispose cependant d'un recours contre l'avis d'inaptitude en application de l'article L4624-1 du code du travail.

Le délai de ce recours étant de deux mois, il peut ne pas être expiré au moment du licenciement.

Le salarié peut-il encore saisir l'inspecteur du travail pour contester l'avis d'inaptitude ?

Le Conseil d'Etat répond dans cet arrêt par l'affirmative.

Il est donc possible, si la contestation aboutie, à l'annulation de l'avis d'inaptitude alors que le licenciement a été prononcé.

Dans un tel cas il est difficile d'imaginer comment l'employeur pourrait éviter de se voir condamner pour licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.

lundi, août 1 2011

Le refus d'accepter un poste de reclassement n'est pas une cause légitime de licenciement disciplinaire

Cour de cassation - chambre sociale - 25 mai 2011

Cet arrêt est l'occasion pour la Chambre sociale de préciser l'attitude à adopter par l'employeur face à un salarié qui refuse une proposition de reclassement qui lui a été faite suite à la constatation de son inaptitude à son poste.

En l'espèce l'employeur avait licencié le salarié à raison de son refus de reclassement qu'il estimait fautif.

La Cour de cassation sanctionne la pratique en rappelant que "le salarié déclaré inapte à son poste à la suite d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle est en droit de refuser le poste de reclassement proposé et qu'il appartient à l'employeur de tirer les conséquences d'un tel refus, soit en formulant de nouvelles propositions, soit en procédant au licenciement de l'intéressé au motif de l'impossibilité de reclassement"

Elle ajoute que la seule conséquence d'un éventuel abus par le salarié de son droit à refuser le reclassement proposé est la perte des indemnités spécifiques prévues à l'article L 1223-14 du code du travail c'est à dire l'indemnité de licenciement double et celle équivalent au préavis.

samedi, mai 14 2011

Reclassement et inaptitude : Rien ne sert de faire des propositions avant le second avis d'inaptitude

Cour de cassation - chambre sociale - 15 février 2011

Cet arrêt est l'occasion pour la Cour de cassation de rappeler qu'en cas d'inaptitude il revient à l'employeur de faire la preuve de ces efforts de reclassement.

La Cour précise que ces efforts de reclassement doivent prendre en compte les recommandation du médecin du travail, et spécialement de son avis d'inaptitude définitif (soit uniquement celui rendu après la deuxième visite).

Dès lors la Cour refuse de prendre en compte les efforts de reclassement effectués avant cette seconde visite pour vérifier le respect par l'employeur de son obligation à ce titre.

lundi, avril 11 2011

Pour licencier un salarié malade, il faut engager son remplacant...

Cour de cassationchambre sociale -26 janvier 2011
Cour de cassation - chambre sociale - 26 janvier 2011

A l'occasion de deux arrêts rendus le même jour la Cour de cassation précise les conditions nécessaires à légitimer le licenciement d'un salarié dont le contrat de travail a été suspendu pour maladie, en raison de la désorganisation que son absence créée dans l'entreprise.

Pour que cette désorganisation soit reconnue, il faut que l'employeur rapporte la preuve de ce que le remplacement durable du salarié absent a été nécessaire.

La Cour précise dans ces deux espèces que lorsque le remplacement est effectué par un salarié de l'entreprise, il faut de surcroit que l'employeur rapporte la preuve qu'il a crée un nouveau poste dans un temps proche du licenciement.

Ainsi l'employeur, avant de licencier un salarié en arrêt maladie doit avoir effectivement supporté le cout de la création d'un poste de travail.

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